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La danse est l'archéologue, ou une idole dans l'os. (2024)

Une performance solo

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La danse est l'archéologue de la danse, qui creuse dans la danse, en dansant jusqu'à l'os.

 

Pour faire émerger une danse située ici et maintenant, la danseuse fouille là-bas et avant, dans les sédiments de la mémoire et ses glissements de terrains : de lieux en lieux, elle déplace la mémoire des gestes, des gens et des pierres qui l’ont elle-même déplacée. Elle danse la terre jusqu’à l’os, jusqu’à y trouver peut-être un bout de bois façonné, une idole primitive, un petit morceau de présence…

 

Cette année, d’un rêve sont nées plusieurs danses alors que je travaillais sur Landscape Stories. Après avoir nommé, décrit puis écrit ces danses, il m’a semblé qu'elles m'étaient à la fois familières et nouvelles, et qu'elles n'auraient pas émergé sans les visites des lieux de performance, les entretiens et les pratiques de groupe menés pour le projet. Ces partitions de danse sont des pratiques qui peuvent être utilisées à la fois comme outils de recherche, et comme matériel chorégraphique. Elles sont un matériel tremplin pour La danse est l'archéologue ou une idole dans l'os.

 

Dans mon processus actuel, j'observe une dynamique quasi antagoniste entre la parole et la danse. De cette friction émerge une troisième "chose", perçue de l'extérieur, quelque chose que je ne peux pas contrôler.

Pour le public comme pour l’interprète, danser, parler, et la présence du corps dans un espace, produisent inévitablement des images ou une troisième "chose". Parfois, l'expérience et ce que l'on en comprend semblent être en désaccord. Je vois cela comme une opportunité, un vide agréable et résonnant, plein de potentiel.

Si la danse a pour condition de base la disparition persistante, elle implique aussi l'apparition des choses. Comme en archéologie, nous soupçonnons l'existence de quelque chose, nous creusons pour le révéler. Une danse enfouie dans un rêve n'apparaît qu'après l'avoir dansée à nouveau. Elle apparaît, nous l'écrivons, nous la renvoyons à travers le rêve de celui qui la regarde, le temps se distord.

 

Sédimentation et creusement, poésie, paysage. Les synergies de la pierre, du langage et du mouvement (j'en parle plus en détail plus loin) sont à l'œuvre, transportant dans le corps des fragments de Paysages sans-titre. 

 

Le langage et l'oralité, des efforts tenaces en faveur de la paix malgré des guerres brutales, un flot constant d'images internes, y compris les miennes, hantent ma danse actuelle. Il y a un besoin d'utiliser le corps de manière immédiate, de bouger et de sentir la légèreté et la puissance du regard mutuel du public et de l'interprète, en l'occurrence moi. J'ai besoin d’utiliser la voix, et de m'appuyer sur la complicité entre la danse et l'énonciation. Et puis il y a aussi le besoin de situer la danse dans le présent et de cultiver sa délicate capacité à créer un nouvel espace d'écoute et d'observation.

 

Deux travaux antérieurs tentent de réconcilier la compréhension et l'expérience de différentes  manières :

Ce solo solo assisté de la danseuse et chorégraphe Elizabeth Ward (début à 04’30) s’empare du son et de mon corps en tant qu’objets tandis que j'interagis et négocie avec des objets réels. Des images multiples et souvent  simultanées, des espaces chargés et des vides émergent de cette composition relationnelle instantanée.  Je cherche à permettre au spectateur de participer à son propre processus d'observation et de compréhension par le biais d'arrêts sur image, de connexions graphiques avec des objets banals ou d'actions impulsives dans l'espace et avec l'architecture.

Un duo avec le poète et performeur Quim Pujol (début à 14’05) en 2009 présente le passage à la parole à la fois comme un problème et une raison de se réjouir. Les mots situent, remplacent, déraillent, re-présentent, re-nouvellent, jouent avec le mouvement, la danse, la performance - et avec le problème de la représentation théâtrale. Avec humour, les mots démantèlent progressivement une certaine compréhension des choses. Ils établissent des images glissantes qui deviennent à leur tour des moteurs  de la danse, laquelle renverse le sens des mots.

Concept et performance DD Dorvillier

Création sonore Sébastien Roux

 Création lumière Carina Premer 

Collaborateur artistique Mathieu Bouvier

Production Laura Aknin

Stagiare Hsin-Yu Tai

Calendrier

10 juin 2023 : performance - travail en cours, Week-end d'anniversaire, AREHR St. Romain

Février - Octobre 2023 : recherche et pratiques pendant Landscape Stories – La Corvette; CND Paris; Traverse, Bagnères-de-Bigorre; Chorège CNDC, Falaise; AREHR St. Romain; Plastique Danse Flore, Versailles

23-26 octobre 2023 : résidence, La Place de la danse CDCN Toulouse

28 octobre 2023 : performance - travail en cours, Festival Hacer Historias La Caldera, Barcelona

Novembre - Décembre 2023 : résidence, La Corvette

Hiver – Printemps 2024 : recherche et pratiques + résidences techniques, La Corvette, autres lieux

Eté/Automne 2024 : Première

 

Production DD Dorvillier / human future dance corps

Partenaires : Le Dancing CDCN Dijon Bourgogne – Franche-Comté, Nos lieux communs – programme Nomades, La Place de la Danse CDCN Toulouse, CDCN Chorège – Falaise, La Poderosa (Barcelona), Plastique Danse Flore, Traverse, IVAM (Institut Valencià d’Art Modern)

Institutions : DRAC Bourgogne Franche-Comté, Région Bourgogne Franche-Comté

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